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CONCERT DU CURSUS DE COMPOSITION ET D'INFORMATIQUE MUSICALE 1

Corpuscules 
Choi, Jiyoun

pour percussions et électronique

-  Assistant pédagogique : Benjamin Thigpen
-  Durée : 12 minutes environ

J’ai imaginé que les éléments infimes, invisibles et insensibles qui constituent l’air, étaient très colorés et très mobiles. Ma pièce est une réflexion musicale sur ces « corpuscules en mouvement » et illustre mon admiration pour leurs mystères.

Les percussions sont considérées ici comme une source d’énergie : par exemple, les ondes du vibraphone accumulent leurs mouvements (exprimés par la synthèse additive), et les attaques des peaux et des cloches produisent leurs éclats (par la synthèse croisée), puis elles circulent et sont dispersées dans l’air (par la spatialisation).

En absorbant les énergies inconnues qui m’environnent, je ne peux que me répéter que je ne suis qu’un corpuscule d’une trop petite énergie dans l’univers ...

Jiyoun Choi

Eluvia 
Nurulla-Khoja, Farangis

pour violoncelle, carillon de bambou et électronique

-  Assistant pédagogique : Mikhail Malt
-  Durée : 12 minutes

Eluvion : produit de la désagrégation des roches resté en place.

Le vent, la pluie et le temps façonnent les roches et les montagnes, et les transforment. Ils laissent également leurs traces dans les détritus de l’érosion.

C’est ce processus que je veux explorer, en me concentrant sur les forces originelles, les montagnes sur lesquelles elles agissent, et finalement, l’éluvion.

Les sons principaux utilisés dans la pièce sont ceux du violoncelle et du tanbur (instrument de la famille du luth doté d’un long manche).

Farangis Nurulla-Khoja Traduit de l’anglais par Suzanne Berthy

Oba ‘loube oba ‘ye 
Ortega-Miranda, Chañaral

pour guitare et électronique

-  Assistant pédagogique : Benjamin Thigpen
-  Durée : 8 minutes environ
-  Dédicace : A Pablo Marquez

Oba ‘loube oba ‘ye signifie « Roi, chef du rouge brillant, roi du monde ». Il s’agit du début d’un chant d’invocation au dieu Changó, en langue Yoruba.

Leurs dieux vinrent avec eux, malgré le baptême forcé et l’interdiction musclée des curés et des marchands londoniens. Changó, dieu du tonnerre, du feu et des tambours, fut l’un d’eux. Pour rester près de son peuple, il s’est caché sous la jupe de Santa Bárbara Bendita, une sainte petite et pâle. Le Pape, informé par cette soudaine dévotion, autorisa les danses et les tambours qui adoraient désormais les icônes de l’église de notre Seigneur Jésus-Christ. Sans le savoir, elle ouvrait la porte à un formidable chantier : le métissage. Cuba, le plus grand marché de chair humaine, recevra pendant plus de trois siècles toutes les livraisons humaines en provenance de l’Afrique occidentale et deviendra ainsi un lieu unique, un point de convergence entre trois cultures, africaine, américaine et européenne.

Cette pièce est un chant, une danse au métissage, une métaphore. Des éléments provenant des trois cultures s’y croisent, convergent, se repoussent, donnant naissance à une nouvelle matière. Dans cette œuvre, l’électronique est l’élément qui donne la distance ; c’est à travers elle que l’auditeur pourra visualiser, avec du recul, les éléments « plastiques » qui y évoluent.

Overlook Hotel 
Antignani, Luca

pour accordéon et électronique

-  Assistant pédagogique : Mikhail Malt
-  Durée : 8 minutes environ
-  Editeur : Suvini Zerboni (Milan)
-  Dédicace : A Tania

Overlook Hotel représente, ce qui est un peu une constante dans ma musique, une réflexion sur le temps et ses deux directions possibles : un temps directionnel (d’origine occidentale) et un temps circulaire (d’origine orientale), symboliquement une ligne et une spirale. L’organisation formelle que j’utilise souvent et que j’aime beaucoup à cause de son paradoxe, est la contemporanéité de ces deux façons de percevoir le « flux » temporel. En l’occurrence, elles sont mises en scène par l’évolution de deux éléments qui fonctionnent parallèlement. D’un côté, les trois coups de l’électronique, un geste très simple, presque primitif, qui s’imprime bien dans la mémoire de l’auditeur et qui, toujours identique, joue comme une sentence inéluctable qui « arrête » le temps. De l’autre, la partie de l’accordéon, générée par l’électronique, mais qui commence tout de suite un discours indépendant, autonome et suivant une histoire absolument directionnelle jusqu’à ce que j’appelle un « effondrement de la structure ».

Sur le plan technique, j’ai beaucoup travaillé avec OpenMusic pour la génération de la partition et des gestes électroniques, avec Modalys pour la conception de base des timbres de l’électronique (alter ego de l’accordéon) et avec Max/MSP pour l’interaction en temps réel avec l’instrumentiste.

Programming Pinocchio 
Filidei, Francesco

Une machine à danser en bois pour piano amplifié et six haut-parleurs

-  Assistant pédagogique : Jean Lochard
-  Durée : 7 minutes
-  Editeur : Ars Publica
-  Dédicace : A Mauro Lanza

« A ogni modo, bisognava prendere una risoluzione : o a scuola, o a sentire i pifferi. » (C. Collodi, Pinocchio, cap. IX)

Geppetto habitait dans un rez-de-chaussée, une petite pièce qui prenait jour sur le dessous de l'escalier. Le mobilier était on ne peut plus simple : une mauvaise chaise, un lit pas fameux et une petite table tout abîmée. Dans le mur du fond, on voyait une cheminée avec un feu allumé ; mais les flammes étaient peintes, et, auprès du feu, on avait également peint une marmite qui bouillait allégrement en exhalant un nuage de fumée qui paraissait de la fumée pour de bon. A peine rentré chez lui, Geppetto prit immédiatement ses outils et se mit à tailler et à façonner son pantin. « Quel nom lui donnerai-je ? se disait-il. Je vais l'appeler Pinocchio, ce nom lui portera chance. J'ai connu toute une famille Pinocchio : le père Pinocchio, la mère Pinocchio, les petits Pinocchio, et tous se la coulaient douce. Le plus riche d'entre eux demandait l'aumône. » Quand il eut trouvé un nom à son pantin, il commença à travailler sérieusement et fit sur-le-champ les cheveux, puis le front et enfin les yeux.

Pinocchio, traduit par Claude Poncet (Editions Flammarion)

J’ai utilisé les logiciels OpenMusic et Modalys. Je tiens à remercier Mikhail, Benjamin, Jean, Natacha, Karim Haddad, Philippe Leroux, Philippe Manoury et Mauro Lanza.

Francesco Filidei


Comité d'organisation